CHAPITRE III
Et là, nous fûmes projetées dans nos contes respectifs. De mon côté, j'arrivai à la mauvaise page du livre, au moment où Alice était trop grande pour franchir la porte... Lara, quant à elle, eu la chance de se retrouver au début de l'histoire... En arrivant, elle découvrit son habillement !
*Euh j'aurais pas un peu dormi pendant notre voyage à TrouVille ? Non, parce que je suis habillée en pyjama !* pensa-t-elle, déboussolée.
Il faisait un soleil de plomb, elle était seule au milieu d'une clairière, non loin de la maison de Mère-Grand, mais elle n'avait ni envie de voir cette vieille dame stupide, ni envie de courir dans les bois pour se jeter dans la gueule du loup. Alors, légèrement fatiguée de ce périple, la déesse Lara Diablesse décida de s'allonger dans l'herbe et de se reposer quelques instants afin de faire le point. De mon côté, je découvris moi aussi ma nouvelle tenue :
- Nom d'une compote ! Regardez-moi cet habit ! Je suis habillée avec... une citrouille !!!
- Une citrouille ? intervint le lapin avec sa montre, Voyons très chère, le mot "citrouille" est employé pour parler de carrosses comme celui de Cendrillon, mais pitié, n'utilisez pas ce terme pour faire allusion aux bonnes courges de mon potager fétiche ! Il n'y a pas meilleur légume dans toute la région !
- Mais qui êtes-vous... ? fis-je, troublée. J'ai l'impression de vous avoir déjà vu plusieurs fois.
- C'est normal je suis très célèbre dans votre monde vous savez. On me surnomme le lapin blanc, je suis l'un des compagnons d'Alice dans "Alice au pays des Merveilles".
- Ah, mais oui que suis-je bête ! Cette maudite sorcière m'a dit qu'elle m'envoyait dans ce conte !
- Ce conte ? Permettez-moi d'en douter très chère, chez vous peut-être que je relève de la simple fable, mais ici, c'est bel et bien le monde réel, et je fais réellement partie de ce décor.
- Ce décor ? On vous croirait sur un plateau de cinéma ! Oh et puis arrêtez de m'appeller "très chère !" m'emportai-je.
- Mais VOUS êtes sur un plateau de cinéma ! m'annonça-t-il haut et fort.
- COUUUUUUUUPEZ !
CLAC. Un déclic se déclencha et la caméra s'éteignit brusquement, révélant au grand jour la supercherie de la situation. Comme aspirée dans une autre dimension, mon corps se dématérialisa pour finir dans une clairière ensoleillée. C'est là que, choquée et soulagée à la fois, je vis Lara Diablesse :
- Hé ! Te revoilà ! lui lançai-je alors qu'elle faisait une sieste dans l'herbe.
Elle sursauta au son de ma voix.
- Argh, mais comment es-tu arrivée jusqu'ici ?
- Et bien, je n'ai pas eu le choix, la caméra s'est éteinte et j'ai fais le voyage !
- De quelle caméra tu parles ?
- Rien, c'est compliqué. J'te raconterai plus tard.
- Bon, quoiqu'il en soit, on est de nouveau réunies, c'est déjà mieux non ?
- Oui. Allons chez mère Grand au lieu de rester là à rien faire.
- Quoi ? Tu comptes lui rapporter son petit pot de beurre et sa confiture ?! s'étonna la déesse, à demi-sarcastique.
- Et bien, c'est ce qu'on est sencées faire, non ? proposai-je.
- Ah non ! Ca sera sans moi ! s'exclama la déesse, Attends deux secondes je me change...
Elle claqua des doigts et virevolta d'un bond sur elle-même pour se changer en super-héroïne vêtue d'une combinaison grise métallique moulante, avec un logo de l'espace et des antennes intergalactiques.
- Wahhh ! m'enthousiasmai-je avec de gros yeux ronds, Bah ça pour attendre deux secondes, on a bien attendu deux secondes !
- Je me présente, Cyber-Déesse ! La nana de l'espace, pour vous servir !
- Euh Lara t'es tordante quand tu t'y mets. Mais tu ne voulais pas plutôt dire : "Cyber-nana ! La déesse de l'espace !" ? m'empressai-je de corriger.
- Mais non voyons ! fit-elle avec dédain. Décidément, vous ne comprenez rien à la subtilité de l'ordre des mots !
Toute fière, elle remit ses gants noirs en cahoutchouc. Je la regardai bizarrement, puis, je décidai de changer de sujet :
- On ne va pas retourner dans l'espace au moins ?!
- Mais non, on va juste passer par l'espace ! Ne vous inquiètez pas, ça ne prendra que 5 secondes !
Et la déesse (en mode cyber-déesse) me prit dans ses bras et, d'un bond, le temps et la lumière s'accélérèrent. Le voyage dans l'espace se déroula comme on vendrait des petits pains ! Il dura, en effet, 5 petites secondes... et 44 centièmes !
Arrivée à destination, nous nous retrouvâmes dans un lieu enchanté, avec un soleil d'or, un immense ciel bleu, quelques arc-en-ciel et des petits poneys qui galopaient à travers les prairies verboisantes. Ils chantonnaient : "Mon petit poney, emmène-moi dans ton pays magique !". Et à ce son, nous nous bouchâmes les oreilles. Quand soudain elles virent...
